À partir du 12 février 2026
EXPOSITION Icône émoi
De Michka Kovalsky

Photographe plasticien né d'une alchimie de hasards, coiffeur devenu créateur, styliste devenu visionnaire, autodidacte devenu voix singulière, l’artiste façonne des présences qui dépassent le simple portrait pour tendre vers l’icône. Son chemin bifurque loin de l'académisme : des années au cœur de la mode et du mannequinat lui ont gravé dans l'âme une compréhension viscérale du corps, outil d'une expression au-delà des mots.
Beksiński, Caravage, Ionesco : trois figures spectrales qui hantent sa vision. Du premier, la ténèbre surréaliste ; du second, le drame du clair-obscur ; de la troisième, la théâtralisation de l’intime. Art Nouveau, Classicisme, Art Brut, Surréalisme, autant de mondes où il puise, où rêve et réalité s’entrelacent dans une même respiration pour engendrer ces figures troublantes, mi-corps mi-reliques, qui deviennent les icônes émues et émouvantes de son univers.
Le sacré, pour lui, n’est pas divin mais adoration. Le corps ne parle pas : il est. Mystérieux, subtil, il exprime en silence ce que nulle parole ne peut contenir. Son langage en trois mots — Clair-obscur, Photographie, Feuille d’or — dit tout : tension lumineuse, fixation de l’éphémère, transmutation du visage en image précieuse, presque votive.
De l’impulsion primitive et viscérale naît l’idée ; de la maturation patiente surgit la création. Décors tissés, costumes sculptés, photographies gravées, or appliqué : chaque image devient une petite icône profane, un acte de vénération du corps et de ses mystères. Interrogé sur les émotions qu’il suscite, l’artiste répond avec radicalité : toute émotion vaut mieux que l’indifférence, pourvu que l’icône fasse trembler, ne serait-ce qu’un instant, le regard de celui qui la contemple.